Qui sont-ils ?

Au cours de son histoire, l’art de l’estampe s’est adjoint et a intégré à sa pratique de nouveaux procédés de fabrication ou de multiplication des images. Peu ou prou ceux-ci demeuraient encore sous l’apanage de la main. Avec les développements des outils informatiques, l’estampe dite « numérique » s’y est intégrée récemment sans que cessent pour autant les controverses au sujet de cette nouvelle venue.

Toutefois, dans tous ces procédés les manipulations « manuelles » restaient encore présentes et en imitaient souvent les façons de faire. Cependant maintenant dans ce monde numérique avec la mise au point d’outils appelés abusivement « intelligence artificielle »1, il suffit de dire ou de décrire ce que l’on veut pour produire des images de toutes sortes. Produire tel est bien le bon verbe à utiliser car cette « intelligence artificielle » ne créent pas à proprement parler. En effet tous ces outils puisent dans leurs gigantesques banques d’informations pillées sur Internet des images déjà existantes. Leurs codes de programmation les assemblent et les combinent statistiquement afin de répondre à ce qui a été dit ou écrit par l’utilisateur de la demande. Même si le résultat final peut sembler satisfaisant dans son rendu et sa texture visuellement parfaitement propre et lisse, ils ne produisent que des pastiches. De plus toutes ces images ainsi fabriquées ont une fâcheuse tendance avec leur rendu bien léché à s’apparenter à l’art pompier du XIX° siècle qui perdure Outre-Atlantique.

Néanmoins si les outils de l’intelligence dite artificielle ne sont ni intelligents ni créateurs ni encore moins artistes, ils peuvent avoir quelques utilités dans le tri ou la restitution d’informations disponibles sur l’Internet. En témoigne un nouvel outil anglo-saxon : « Flipbook.page ». Celui-ci propose, à partir d’une simple demande écrite sur un ordinateur, de produire, assez rapidement si la demande n’est pas trop compliquée, une image semblable à un tableau pédagogique ou à une illustration de manuel scolaire. Cette image résume dans un graphisme minimal l’essentiel de la demande et propose des informations complémentaires grâce à plusieurs légendes écrites dans l’image. En cliquant sur ces zones légendées l’outil produit alors une autre image d’informations complémentaires et ainsi de suite. L’outil donne aussi la possibilité d’enchaîner les différentes images obtenues en une courte vidéo illustrant la demande initial.

À son corps défendant, l’équipage éditorial d’« Estampe-vive » a donc servi de cobayes pour obtenir les quatre images et la vidéo illustrant cet article. Les portraits des personnages ne sont pas très ressemblants, qu’importe les informations contenues dans ces images sont suffisantes pour présenter brièvement chacun. Elles répondent aux demandes écrites suivantes : « Dominique Moindraut maîtresse en carton gravé », « Pascale Simonet et l’art du carton gravé », « Claude Bureau linogravure » et « Maxime Préaud artiste graveur »2. La vidéo ci-après est celle des quatre images complémentaires produites à partir de celle de Maxime Préaud. Le résultat de cette investigation est assez stupéfiant et très spectaculaire. Remarquable car il a été produit simplement et rapidement sans aucune autre intervention du demandeur que celle de l’écriture des quatre phrases initiales. Ce résultat est d’autant plus inquiétant voire plus effrayant2 quand on sait toute la machinerie considérable déployée par ces outils d’« intelligence artificielle » et l’énergie dépensée pour produire tout cela.

Claude Bureau
Et voici la vidéo ci-dessous !
1 – Parmi ces outils on peut citer : Midjourney, Dall-E d’OpenAI, Firefly d’Adobe, etc.
2 – D’autant plus inquiétant que les résultats obtenus statistiquement par les algorithmes de ces machines ne sont pas assurément fiables et qu’ils peuvent contenir de grossières erreurs que l’on peut déceler soi-même en interrogeant ces outils sur des sujets que l’on connaît parfaitement. Il vaut mieux se fier à des informations obtenus à partir de sites Internet encore critiqués, contrôlés et supervisés en permanence par des humains comme par exemple Wikipedia.
3 – On peut aller sur la page de chacun disponible aux adresses suivantes :
D. Moindraut : https://flipbook.page/n/fb54ae6996b44a0f9a4a27b3d95d054c
P. Simonet : https://flipbook.page/n/29fa5e66d718481c9e46498fc4dd1df7
C. Bureau : https://flipbook.page/n/40f39f6996cf45f39e6a6b3f1ffae500
M. Préaud : https://flipbook.page/n/3effb294741f49fca14688ac94d08912
Les commentaires sont fermés.